TotalEnergies, acteur majeur de l’industrie pétrolière et énergétique, poursuit une stratégie de désengagement de plusieurs marchés africains dans le secteur des stations-service. Depuis quelques années, l’entreprise française cède progressivement ses actifs dans plusieurs pays du continent, entraînant une restructuration du marché de la distribution des carburants.
Pourquoi TotalEnergies prend-elle cette décision ? Qui sont les nouveaux acteurs prenant le relais ? Quels impacts cette transition aura-t-elle sur les économies locales et la concurrence ? Cet article propose une analyse approfondie et objective de cette reconfiguration du marché des stations-service en Afrique.
Un désengagement progressif et ciblé
Le retrait de TotalEnergies concerne plusieurs pays, notamment le Liberia, la Sierra Leone, la République centrafricaine, la Mauritanie, le Tchad, le Mali, le Burkina Faso et le Niger. À chaque fois, des repreneurs locaux ou régionaux se sont positionnés pour racheter les actifs de la compagnie.
- Liberia et Sierra Leone : En 2020, TotalEnergies cède ses réseaux de stations-service à Conex Oil & Gas Holdings.
- République centrafricaine : En 2022, l’entreprise Rochefort International reprend les actifs du groupe.
- Mauritanie : Cession à Akwa Group, un conglomérat marocain.
- Tchad : Transfert des activités à Star Oil Group.
- Mali et Burkina Faso : En 2025, respectivement Coly Energy Mali et Coris Investment Group rachètent les actifs.
- Niger : Accord conclu avec Star Oil.
Ces cessions s’inscrivent dans une tendance globale de recentrage des activités de TotalEnergies vers des segments plus stratégiques et rentables.

Les motivations économiques et stratégiques derrière ce choix
TotalEnergies justifie cette réorganisation par plusieurs raisons :
- Une stratégie de portefeuille optimisé : L’entreprise cherche à réduire son exposition aux actifs jugés moins rentables pour se concentrer sur des segments à plus forte valeur ajoutée comme le gaz naturel et les énergies renouvelables.
- La transition énergétique : Face aux défis climatiques, TotalEnergies veut réduire son empreinte carbone et investir davantage dans des énergies alternatives.
- L’environnement politique et économique local : L’instabilité dans certains pays, couplée à des conditions d’exploitation parfois difficiles, a également pesé dans la balance.
Cette réorientation stratégique vise à repositionner TotalEnergies comme un acteur clé de la transition énergétique en Afrique, en misant sur des investissements durables et rentables.

Quels impacts pour les économies locales et les consommateurs ?
Le retrait de TotalEnergies soulève plusieurs enjeux pour les économies locales :
- Maintien des emplois : Jusqu’à présent, les repreneurs ont généralement conservé le personnel existant, garantissant ainsi une continuité sociale.
- Impact sur les prix du carburant : La transition vers de nouveaux acteurs peut générer des perturbations temporaires, mais la concurrence reste un facteur clé de régulation.
- Répercussions fiscales : La sortie de TotalEnergies modifie la structure des recettes fiscales locales, nécessitant une adaptation des gouvernements.
Les consommateurs, quant à eux, observent une transformation des enseignes et parfois une période d’adaptation des nouveaux distributeurs, mais sans changements majeurs dans l’approvisionnement en carburant.
Vers une nouvelle dynamique concurrentielle
L’un des aspects majeurs de ce désengagement est la recomposition du marché des stations-service. Plusieurs tendances se dégagent :
- L’ascension des acteurs africains : Des groupes régionaux comme Vivo Energy, OLA Energy et Puma Energy renforcent leur présence.
- Un contrôle accru des États sur la distribution : Certains gouvernements favorisent la montée en puissance de distributeurs nationaux.
- De nouvelles opportunités pour les investisseurs locaux : Le départ de TotalEnergies ouvre la voie à des initiatives africaines plus adaptées aux réalités du terrain.
Cette restructuration témoigne d’un marché pétrolier en mutation, où la distribution devient de plus en plus régionalisée et diversifiée.
Quelles alternatives pour TotalEnergies en Afrique ?
Si le groupe se retire du segment des stations-service, il reste néanmoins fortement impliqué dans d’autres domaines :
- Exploration et production de pétrole et de gaz : TotalEnergies reste un acteur clé dans l’amont pétrolier, notamment en Angola, au Mozambique et au Nigeria.
- Investissements dans les énergies renouvelables : L’entreprise développe des projets solaires et hydroélectriques, notamment en Ouganda et au Rwanda.
- Déploiement de solutions multi-énergies : Avec la montée des véhicules électriques et des biocarburants, TotalEnergies explore de nouvelles solutions de mobilité.
Le groupe adopte ainsi une approche plus sélective et innovante, en phase avec les défis énergétiques du XXIe siècle.
Le retrait de TotalEnergies des stations-service africaines marque un tournant dans l’industrie pétrolière du continent. Si cette transition soulève des interrogations sur l’avenir du marché de la distribution, elle reflète aussi l’émergence d’une dynamique plus locale et concurrentielle. En parallèle, TotalEnergies se repositionne sur des secteurs stratégiques, témoignant d’une évolution vers un modèle énergétique plus diversifié et durable.
L’avenir nous dira si ces choix stratégiques profiteront aux économies locales et aux consommateurs, mais une chose est sûre : le paysage énergétique africain est en pleine transformation.
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