Le secteur de la pêche industrielle en Côte d'Ivoire est un pilier de l'économie nationale, contribuant à la sécurité alimentaire, à la création d'emplois et aux recettes d'exportation. En 2023, il représentait 0,5 % du PIB, générant près de 100 000 emplois directs et plus de 580 000 emplois indirects, dont un tiers occupés par des femmes.
Typologie de la pêche industrielle
La pêche industrielle ivoirienne se divise en plusieurs sous-secteurs :
- Pêche au chalut : Elle cible principalement des espèces démersales telles que le pelon (Brachydeuterus auritus), le pageot blanc (Pagellus bellottii) et l'ombrine (Pseudotolithus senegalensis).
- Pêche sardinière : Concentrée autour du port d'Abidjan, elle exploite des espèces comme Sardinella aurita, qui représente près de 70 % des captures sardinières.
- Pêche thonière : Abidjan est reconnu comme le premier port thonier d'Afrique de l'Ouest, avec des captures réalisées par une quarantaine de senneurs d'origine ghanéenne, française et espagnole.
Principaux acteurs du secteur
Le paysage de la pêche industrielle ivoirienne est marqué par la présence de plusieurs entreprises clés :
- SCODI (Société des Conserves de Côte d'Ivoire) : Filiale de Saupiquet France, SCODI est l'une des principales conserveries opérant en Côte d'Ivoire, spécialisée dans la transformation du thon.
- Pêche et Froid Côte d'Ivoire : Filiale de Pêche et Froid France, cette entreprise est également un acteur majeur dans la transformation du thon en Côte d'Ivoire.
- Compagnie Française du Thon Océanique (CFTO) : Basée à Concarneau, France, la CFTO est spécialisée dans la pêche au thon tropical. Elle opère principalement sur la côte occidentale d'Afrique à partir du port d'Abidjan et possède une flotte de quinze thoniers.
- Groupe OMKA : Ce groupe gère deux entreprises de transformation au port d'Abidjan : SCODI et Pêche & Froid, renforçant ainsi la capacité de transformation locale.
- Sociétés mixtes de pêche : Sur 80 bateaux de pêche industrielle basés au port d'Abidjan, 55 sont gérés par des sociétés mixtes de droit ivoirien, souvent en partenariat avec des investisseurs étrangers, notamment chinois.
Infrastructures portuaires et transformation
Le port d'Abidjan est le principal hub pour la pêche industrielle en Côte d'Ivoire. Il s'étend sur une superficie d'environ 200 000 m² de terre-plein sous douane et 80 000 m² hors douane, avec 1 522 m linéaires de quai. Chaque année, plus de 600 000 tonnes de produits de la mer, dont près de 250 000 tonnes de thon, y sont traitées. Le port abrite également des entreprises de transformation, renforçant la valeur ajoutée locale et les exportations de produits halieutiques.
Défis et perspectives
Malgré son importance, le secteur de la pêche industrielle ivoirienne fait face à plusieurs défis :
- Conflits entre pêche industrielle et artisanale : Des tensions surviennent lorsque les chalutiers industriels opèrent dans des zones réservées à la pêche artisanale, affectant les moyens de subsistance des communautés locales.
- Piraterie halieutique : La pêche illégale menace l'écosystème marin, déstabilise les systèmes sociaux des pêcheurs et met en danger la vie des pêcheurs et des autorités chargées de la surveillance des côtes.
- Durabilité des ressources : La surexploitation de certaines espèces et l'utilisation de techniques de pêche non durables posent des questions sur la pérennité des ressources halieutiques.
Pour relever ces défis, le gouvernement ivoirien a mis en place des mesures telles que la fermeture saisonnière de la pêche industrielle et semi-industrielle, appliquée du 1ᵉʳ juillet au 31 août 2023, afin de permettre le repos biologique des espèces. De plus, des initiatives innovantes, comme la production de protéines de larves d'asticots par la start-up Bioani, offrent des alternatives aux farines animales traditionnelles, contribuant à la réduction de la pression sur les ressources halieutiques et à la promotion d'une aquaculture durable.
En conclusion, la pêche industrielle en Côte d'Ivoire demeure un pilier de l'économie nationale. Cependant, pour assurer sa durabilité et maximiser ses retombées socio-économiques, il est crucial de renforcer la gestion des ressources, de promouvoir des pratiques de pêche responsables et d'encourager l'innovation dans les chaînes de valeur halieutiques.
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