Par BusinessEchos.net
En Côte d’Ivoire, le secteur des services financiers numériques est en pleine ébullition. Push Côte d’Ivoire, Djamo et Apaym se livrent une bataille impitoyable pour dominer le marché du paiement en ligne. Chacun avec ses forces, ses faiblesses et ses ambitions, ces trois acteurs incarnent des stratégies radicalement différentes. Mais dans cette guerre, tous ne jouent pas dans la même ligue.
Djamo : L’innovation et l’intermédiation financière comme atouts
Djamo, la pépite ivoirienne qui a intégré le prestigieux programme Y Combinator en 2021, continue d’impressionner. Après avoir levé 14 millions de dollars, la startup a récemment lancé un coffre-fort numérique, une fonctionnalité qui permet aux utilisateurs de bloquer des fonds jusqu’à une date précise. Une innovation qui renforce son positionnement comme plateforme de gestion financière complète.
En novembre 2023, Djamo Invest, une filiale de Djamo, a obtenu un agrément d’apporteur d’affaires auprès de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) pour le marché régional de l’UMOA. Cet agrément permet à Djamo de se lancer dans l’intermédiation financière, une avancée majeure qui renforce son offre et sa légitimité face à ses concurrents.
Djamo propose également des cartes bancaires physiques, permettant à ses utilisateurs de payer chez les commerçants équipés de terminaux de paiement électronique (TPE) et de retirer de l’argent aux guichets automatiques. Cette offre complète, combinée à des services comme le paiement de factures, la bourse et l’intégration récente du RIB, fait de Djamo un acteur incontournable.
Cependant, la pression est forte. Pour rivaliser avec Push Côte d’Ivoire, Djamo a dû supprimer les frais de rejet après les plaintes des clients. Une décision qui montre à quel point la concurrence est féroce. La question reste posée : Djamo pourra-t-elle transformer ses 14 millions de dollars en domination durable sur un marché ivoirien encore étroit ?
Push Côte d’Ivoire : Un nouveau souffle avec une offre de microcrédit inédite
Push Côte d’Ivoire, détenue par la société PANELYS, a connu un tournant majeur en juin 2023. Le fondateur a cédé ses parts à un nouvel actionnaire majoritaire, un important groupe économique ivoirien. Ce changement de gouvernance a insufflé un nouveau dynamisme à la Fintech, avec des financements conséquents qui lui permettent désormais de lutter à armes égales avec Djamo.
Récemment, Push a lancé une offre de microcrédit en partenariat avec la microfinance ADEC SA. Cette initiative, inédite dans le secteur, donne à Push un avantage significatif sur le segment des petits prêts, un créneau porteur en Côte d’Ivoire.
Push se distingue également par sa simplicité et son accessibilité. Avec des services comme l’intégration précoce du RIB et l’absence de frais de rejet, Push a gagné la confiance de nombreux utilisateurs. La plateforme propose des cartes bancaires physiques, permettant à ses clients de payer chez les commerçants équipés de TPE et de retirer de l’argent aux guichets automatiques.
Grâce au soutien de son nouvel actionnaire et à son offre de microcrédit, Push dispose désormais des ressources et de l’innovation nécessaires pour consolider sa position sur le marché.
Apaym : L’outsider qui peine à se réinventer
Apaym, produit de Weblogy, est l’exemple même d’une entreprise qui a du mal à se transformer. Weblogy, propriétaire du célèbre site Abidjan.net, est pourtant un acteur historique du numérique en Côte d’Ivoire. Mais Apaym, malgré ses ambitions, semble perdu dans une offre pléthorique et confuse.
L’application propose tout et son contraire : transferts d’argent, paiement de factures, achat de crédit téléphonique, commande de documents d’état civil, dons, assurances, recharges Yango, et même des services de santé. Une diversification excessive qui dilue son positionnement et perd les utilisateurs.
Apaym propose également des cartes bancaires physiques, mais il s’agit de cartes prépayées rechargeables en partenariat avec NSIA Banque. Contrairement à ses concurrents, Apaym ne dispose pas de cartes en propre, ce qui limite son autonomie et son attractivité.
En outre, Apaym n’a pas réalisé de levée de fonds, un manque de ressources qui se ressent dans sa capacité à innover et à rivaliser avec ses concurrents. Alors que Push et Djamo se livrent une bataille acharnée, Apaym semble à la traîne, incapable de suivre le rythme.
Une guerre à trois, mais un duel à deux
La guerre des Fintechs ivoiriennes se résume aujourd’hui à un duel entre Push Côte d’Ivoire et Djamo. Push, avec le soutien de son nouvel actionnaire et son offre de microcrédit, mise sur la stabilité et l’innovation. Djamo, de son côté, mise sur l’agilité et l’intermédiation financière grâce à son agrément AMF.
Apaym, malgré son héritage et son potentiel, est distancé. Son manque de moyens financiers et sa stratégie de diversification excessive l’empêchent de rivaliser avec ses deux concurrents.
Qui sortira vainqueur de cette guerre ?
La question reste ouverte. Aucune des trois entreprises ne communique ses chiffres, ce qui rend difficile d’évaluer leur rentabilité. Le marché ivoirien, bien que prometteur, reste limité en taille. Push et Djamo devront peut-être envisager une expansion régionale pour justifier leurs investissements massifs.
En attendant, les consommateurs ivoiriens sont les grands gagnants de cette concurrence. Réduction des frais, innovations constantes et services améliorés : la guerre des Fintechs profite à tous.
Mais une chose est sûre : dans cette bataille, Apaym devra revoir sa stratégie s’il veut rester dans la course. Quant à Djamo et Push Côte d’Ivoire, leur duel promet d’être encore long et intense.
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